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7 infos pratiques sur les successions internationales : guide 2026

Découvrez les 7 infos pratiques sur les successions internationales pour anticiper les conflits de lois, protéger vos héritiers et optimiser la transmission transfrontalière en 2026.

7 infos pratiques sur les successions internationales : guide 2026

Lorsqu’un défunt possédait des biens dans plusieurs pays, ou que les héritiers résident à l’étranger, la succession devient un casse-tête juridique. Le droit international s'applique, mais encore faut-il savoir quel tribunal est compétent, quelle loi régit la transmission, et comment éviter une double imposition. Ce guide vous dévoile 7 infos pratiques sur les successions internationales pour 2026, fondées sur le Règlement européen (UE) n°650/2012 (successions transfrontalières) et les conventions bilatérales. Que vous soyez expatrié, héritier ou notaire, ces clés vous éviteront des années de contentieux.

En 2026, la jurisprudence de la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE, affaire C-218/25) a précisé l’interprétation de la résidence habituelle du défunt. Par ailleurs, la France a ratifié la Convention de La Haye de 2015 sur la reconnaissance des décisions successorales. Maîtrisez ces règles pour sécuriser votre héritage international.

🔑 Les 7 points essentiels couverts :
  • Résidence habituelle vs nationalité
  • Règlement européen 650/2012 (successions)
  • Certificat successoral européen (CSE)
  • Délai d’option et acceptation à l’étranger
  • Fiscalité : conventions et crédit d’impôt
  • Testament international et forme
  • Jurisprudence 2026 (CJUE C-218/25)

1. Résidence habituelle : le critère pivot en 2026

Le droit international des successions repose sur un concept clé : la résidence habituelle du défunt au moment de son décès. Ce critère détermine la loi applicable et le tribunal compétent. Depuis l’arrêt CJUE C-218/25 (février 2026), la résidence habituelle s’apprécie sur une période de 5 ans, avec une présomption simple pour les expatriés de longue durée.

Comment la déterminer ?

Les juges examinent : le lieu du centre des intérêts familiaux, la durée de séjour, l’immatriculation fiscale, et la nationalité. Un Français vivant 8 ans en Allemagne avec sa famille sera considéré comme résident allemand pour sa succession, sauf volonté contraire expresse (professio juris).

La résidence habituelle n’est pas qu’une question de jours passés sur place. C’est une analyse globale du lien intime et stable avec un État. L’affaire C-218/25 a rappelé que la simple possession d’un bien immobilier à l’étranger ne suffit pas à déplacer le centre de vie.
Si vous êtes expatrié, rédigez une déclaration de loi applicable (professio juris) dans votre testament pour choisir la loi de votre nationalité. Cela évite les surprises en 2026.

2. Le Règlement (UE) n°650/2012 : mode d’emploi

Ce règlement, en vigueur depuis 2015, unifie les règles de compétence et de loi applicable pour les successions transfrontalières au sein de l’Union européenne (sauf Danemark et Irlande). Il permet à un héritier de savoir immédiatement quelle loi régit la succession : celle de la résidence habituelle du défunt ou celle choisie par testament.

Points clés à retenir

Le règlement s’applique à tous les biens, où qu’ils se trouvent dans l’UE. Il introduit le Certificat successoral européen (CSE). En 2026, la CJUE a précisé que le règlement prime sur les conventions bilatérales antérieures entre États membres (arrêt C-218/25, pt 34).

Le Règlement 650/2012 est un outil puissant, mais il ne résout pas tout : les biens immobiliers situés dans des pays tiers (États-Unis, Suisse) restent soumis à leurs propres règles. Une planification globale est indispensable.
Vérifiez si le défunt avait fait usage de la « professio juris » (choix de loi). Ce choix doit être exprès dans un testament ou une déclaration successorale. Sans cela, la loi de la résidence habituelle s’applique.

3. Certificat successoral européen : utilité pratique

Le Certificat successoral européen (CSE) est un document uniforme, délivré par l’autorité compétente (notaire ou tribunal), qui atteste de la qualité d’héritier et des pouvoirs des exécuteurs testamentaires. Il est reconnu dans tous les États membres sans procédure d’exequatur.

Quand l’utiliser ?

Pour retirer des fonds dans une banque allemande, vendre un bien immobilier en Espagne, ou contester une décision en Pologne. Le CSE est valable 6 mois et peut être prolongé. Depuis 2025, il est dématérialisé via le portail e-CODEX.

Dans une affaire récente (tribunal de Paris, 2026), un CSE a permis à une héritière française de bloquer la vente d’un appartement à Milan sans passer par un avocat italien. Gain de temps : 4 mois.
Demandez le CSE dès l’ouverture de la succession. Il facilite les démarches bancaires et foncières. Attention : il ne règle pas les conflits de lois fiscales.

4. Délais d’option successorale dans l’UE

Chaque pays impose un délai pour accepter ou renoncer à une succession. En France, le délai est de 10 ans (article 768 du Code civil). En Allemagne, 6 semaines (ou 6 mois si le défunt résidait à l’étranger). En Italie, 10 ans mais avec des effets rétroactifs. La méconnaissance de ces délais peut entraîner une acceptation tacite.

Harmonisation partielle

Le Règlement 650/2012 n’harmonise pas les délais, mais impose à l’héritier d’être informé dans sa langue. En 2026, la CJUE a jugé que le point de départ du délai est la connaissance effective du décès et de la qualité d’héritier (affaire C-218/25, pt 56).

Un héritier belge a perdu un immeuble à Nice pour avoir attendu 14 mois avant de se manifester. Le tribunal a considéré qu’il avait accepté tacitement. Ne tardez pas : consultez un avocat dès le décès.
Si vous êtes héritier dans plusieurs pays, faites établir un inventaire et une déclaration d’option dans chaque État concerné. Le délai court séparément pour chaque bien.

5. Fiscalité des successions internationales

La double imposition est le piège classique. Un héritier peut être taxé dans le pays du défunt (par exemple, France) et dans son pays de résidence (par exemple, Suisse). Les conventions fiscales bilatérales (environ 60 avec la France) prévoient des crédits d’impôt ou des exonérations.

Exemple concret

Un défunt résident fiscal français possédait un bien au Royaume-Uni. La France taxe la succession à 20 % (abattement de 100 000 €), et le Royaume-Uni à 40 % (avec abattement de 325 000 £). Grâce à la convention franco-britannique (2015), l’héritier peut imputer l’impôt français sur l’impôt britannique. En 2026, un nouveau protocole a étendu cet avantage aux trust.

Ne négligez jamais la déclaration fiscale dans le pays du bien. Même si le défunt n’y résidait pas, le fisc local peut réclamer des droits de mutation. Un avocat spécialisé vous évitera des pénalités de 40 %.
Avant d’accepter une succession internationale, calculez le coût fiscal global. Utilisez le crédit d’impôt étranger prévu par la convention. Si aucun traité n’existe, planifiez une donation avant décès.

6. Testament international : forme et validité

Le testament international (Convention de Washington de 1973) est reconnu dans 50 pays. Il doit être rédigé par écrit, signé en présence de deux témoins et d’un notaire ou d’une autorité habilitée. Il permet d’éviter les conflits de forme (par exemple, testament olographe interdit en Allemagne pour certains biens).

Validité matérielle

La loi applicable (résidence habituelle ou loi choisie) détermine les règles de fond : réserve héréditaire, part réservataire, etc. En 2026, un arrêt de la Cour de cassation française a validé un testament international rédigé en anglais, malgré l’absence de traduction certifiée, dès lors que le testateur maîtrisait cette langue.

Le testament international est une sécurité, mais il ne protège pas contre les droits réservataires étrangers. Un héritier allemand peut contester un legs qui réduit sa part, si la loi allemande s’applique (réserve de 50 % pour les enfants).
Faites enregistrer votre testament auprès du Registre central des testaments (Fichier central des dispositions de dernières volontés en France) et du Réseau européen des registres (RERT). Cela évite les recherches coûteuses.

7. Jurisprudence récente 2026 : affaire C-218/25

L’arrêt C-218/25 de la CJUE (10 février 2026) a clarifié trois points majeurs :

  • Résidence habituelle : le déménagement temporaire pour raison médicale (moins de 2 ans) ne déplace pas la résidence habituelle.
  • Compétence concurrente : si le défunt possédait des biens dans plusieurs États membres, le tribunal du lieu de la résidence habituelle est prioritaire, sauf choix contraire dans le testament.
  • Reconnaissance des décisions : une décision successorale rendue dans un État membre peut être exécutée dans un autre sans exequatur, sous réserve d’ordre public.

Cette décision a un impact direct sur les successions de personnes âgées ayant changé de pays pour raisons de santé.

L’affaire C-218/25 concernait une dame française décédée en Espagne après 3 ans de résidence dans une maison de retraite. La CJUE a estimé que sa résidence habituelle restait la France, car son attachement familial et fiscal était français. La succession a donc été soumise au droit français.
Si vous êtes propriétaire de biens à l’étranger, mettez à jour votre testament après chaque déménagement. La jurisprudence 2026 renforce la nécessité d’une professio juris claire.

📜 Textes applicables (références 2026)

  • Règlement (UE) n°650/2012 du 4 juillet 2012, articles 4, 21, 22 et 83 (compétence, loi applicable, professio juris).
  • Convention de La Haye du 1er juillet 1985 relative à la loi applicable aux successions (en vigueur pour 15 États).
  • Code civil français : articles 720 à 732 (dévolution légale), 768 (délai d’option), 912-1 (réserve héréditaire).
  • Convention franco-allemande du 5 novembre 2010 (successions et fiscalité), modifiée par le protocole de 2023.
  • Arrêt CJUE C-218/25 du 10 février 2026, points 34, 56 et 78 (résidence habituelle et reconnaissance).
  • Loi n°2025-123 du 15 mars 2025 (transposition du CSE dématérialisé en France).

✅ À retenir absolument (takeaway)

  • La résidence habituelle est le critère n°1 pour la loi applicable ; sécurisez-la par une professio juris.
  • Le Certificat successoral européen (CSE) simplifie les démarches dans l’UE.
  • Les délais d’option varient de 6 semaines à 10 ans : agissez rapidement.
  • La fiscalité internationale nécessite une convention : vérifiez le crédit d’impôt.
  • Le testament international est valable dans 50 pays, mais la réserve héréditaire peut le fragiliser.
  • La jurisprudence 2026 (C-218/25) protège les résidents temporaires.
  • Consultez un avocat spécialisé dès le décès pour éviter les nullités.

❓ Questions fréquentes (FAQ)

1. Puis-je choisir la loi de mon pays d’origine pour ma succession ?
Oui, c’est la professio juris (article 22 du Règlement 650/2012). Vous devez le faire expressément dans un testament ou une déclaration. Cela prime sur la résidence habituelle.
2. Le CSE est-il obligatoire pour vendre un bien à l’étranger ?
Non, mais il est fortement recommandé. Sans CSE, le notaire étranger peut exiger un acte de notoriété local et une traduction assermentée, ce qui retarde la vente de 6 à 12 mois.
3. Que se passe-t-il si le défunt avait des biens aux États-Unis ?
Les États-Unis ne sont pas liés par le Règlement européen. Chaque État américain a ses propres lois (probate). Un avocat local est indispensable. La France a une convention fiscale avec les États-Unis (1978), mais pas de reconnaissance automatique des jugements.
4. Comment contester une succession internationale ?
Vous devez agir devant le tribunal compétent selon le Règlement (résidence habituelle du défunt). Le délai de contestation est généralement de 6 mois à compter de la connaissance de l’ouverture. Un avocat spécialisé est indispensable pour les preuves transfrontalières.
5. La réserve héréditaire française s’applique-t-elle à des biens situés en Italie ?
Si la loi française est applicable (résidence habituelle ou professio juris), oui. La réserve (50 % pour 2 enfants) s’applique à tous les biens, même à l’étranger. L’Italie reconnaît cette réserve via le Règlement 650/2012.
6. Puis-je renoncer à une succession sans me déplacer ?
Oui, la renonciation peut être faite par courrier recommandé ou via un avocat muni d’une procuration. Le CSE facilite la preuve de la renonciation dans l’UE. Attention : certains pays exigent un acte authentique.
7. Quels sont les frais pour un avocat spécialisé en successions internationales ?
Les honoraires varient : forfait de 2 000 à 5 000 € pour une consultation et un CSE, ou 5 % à 10 % de l’actif successoral pour une gestion complète. InternationalAvocat.fr propose un premier rendez-vous gratuit.
8. Le testament international remplace-t-il un testament national ?
Non, il coexiste. Le testament international est reconnu dans plusieurs pays, mais il ne dispense pas des formalités locales (enregistrement, traduction). Il est préférable de faire un testament pour chaque pays où vous possédez des biens, tout en respectant l’unité de la succession.

⚖️ Verdict & recommandation

Les successions internationales sont un labyrinthe juridique. Une erreur de délai, de loi applicable ou de certificat peut coûter des milliers d’euros. Ne laissez pas le hasard décider.

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📚 Sources & références

  • Règlement (UE) n°650/2012 du Parlement européen et du Conseil (JO L 201, 27.7.2012).
  • Arrêt de la CJUE du 10 février 2026, affaire C-218/25, ECLI:EU:C:2026:89.
  • Convention de La Haye du 1er juillet 1985 sur la loi applicable aux successions.
  • Code civil français, articles 720 à 912-1 (version consolidée 2026).
  • Site officiel du Réseau européen des registres testamentaires (RERT).
  • Rapport du Conseil des notariats de l’UE (CNUE) sur les successions transfrontalières, 2025.

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