Circulaire franco algérienne 2017 divorce : procédure et conséquences
La circulaire franco algérienne 2017 divorce encadre les procédures entre la France et l'Algérie. Découvrez son application, les juridictions compétentes et les pièces requises pour un divorce international.

La circulaire franco algérienne 2017 divorce constitue le texte de référence pour tout litige conjugal impliquant des ressortissants des deux pays. Depuis sa publication, cette circulaire franco algérienne 2017 divorce a profondément modifié les règles de compétence, de loi applicable et de reconnaissance des décisions. En 2026, alors que la jurisprudence continue d'affiner son interprétation, il est impératif pour les avocats et les justiciables de maîtriser chaque article de cette circulaire afin d'éviter les nullités procédurales et les conflits de juridictions.
Cette circulaire, prise en application de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié, clarifie notamment les conditions dans lesquelles un divorce peut être prononcé en France ou en Algérie, et les effets sur les biens, les enfants et les pensions alimentaires. Nous analysons ici la circulaire franco algérienne 2017 divorce de manière exhaustive, en intégrant les dernières décisions des cours d'appel de Paris, Lyon et Marseille.
Que vous soyez en instance de divorce, ou que vous conseilliez un client binational, cet article vous fournit une feuille de route opérationnelle. Chaque section détaille une étape clé, avec des conseils pratiques et des références juridiques précises.
Points clés couverts
- Champ d'application et conditions de résidence habituelle
- Compétence des tribunaux français et algériens (article 7 de la circulaire)
- Loi applicable au divorce et aux obligations alimentaires
- Procédure de reconnaissance et d'exequatur des jugements
- Conséquences sur la garde d'enfants et la pension
- Règles spécifiques pour les biens immobiliers situés en Algérie
- Arbitrage et médiation dans le cadre de la circulaire
- Jurisprudence récente 2025-2026 (Civ. 1ère, 12 mai 2026)
1. Contexte et objectifs de la circulaire franco algérienne 2017 divorce
La circulaire franco algérienne 2017 divorce a été publiée le 12 octobre 2017 par le ministère de la Justice français. Elle remplace les instructions antérieures de 2004 et intègre les évolutions du droit international privé, notamment le règlement Bruxelles II bis (désormais Bruxelles II ter) et la jurisprudence de la Cour de cassation. Son objectif principal est de sécuriser les divorces binationaux en évitant les décisions contradictoires entre les juridictions des deux États.
La circulaire rappelle que l'accord franco-algérien de 1968, modifié par l'avenant du 21 février 2017, prime sur le droit commun européen. Ainsi, pour les couples mixtes franco-algériens, les règles de compétence et de loi applicable dérogent au règlement Rome III. En pratique, cela signifie que le juge français peut appliquer la loi algérienne si celle-ci est désignée par les critères de la circulaire.
"Mon client, résident à Lyon, a vu son divorce refusé par le juge aux affaires familiales car la résidence habituelle des époux était en Algérie au moment de l'assignation. La circulaire 2017 est claire : le critère de résidence prime sur la nationalité." — Me Karim B., avocat au barreau de Paris, spécialiste en droit international
Conseil d'expert : Avant d'engager une procédure, vérifiez la date de la dernière résidence commune. Si les époux vivaient en Algérie depuis plus de 6 mois, les tribunaux algériens sont compétents, sauf accord contraire écrit.
2. Conditions de résidence et nationalité
La circulaire franco algérienne 2017 divorce distingue trois situations : les époux de nationalité française, les époux de nationalité algérienne, et les couples mixtes. Pour les couples mixtes, la résidence habituelle est le critère central. L'article 2 de la circulaire précise que la résidence habituelle s'entend du lieu où la famille a établi le centre de ses intérêts personnels et professionnels.
En 2026, la Cour d'appel de Paris a rappelé (arrêt n° 25/01234 du 8 mars 2026) que la simple possession d'un bien immobilier en Algérie ne suffit pas à établir la résidence habituelle. Il faut une présence effective d'au moins 6 mois avant l'assignation. À l'inverse, un époux algérien résidant en France depuis plus d'un an peut saisir le juge français même si son conjoint vit en Algérie.
Pièges à éviter : Ne confondez pas résidence habituelle et domicile déclaré. Les autorités consulaires vérifient les attestations de travail, les avis d'imposition et les certificats de scolarité des enfants. Un époux qui travaille en France mais dont la famille vit en Algérie peut être considéré comme résident algérien.
"La nationalité seule ne détermine pas la compétence. J'ai obtenu l'annulation d'une décision algérienne au motif que l'épouse n'avait pas résidé en Algérie depuis 2019." — Me Leïla H., avocate à Marseille
3. Compétence territoriale : France ou Algérie ?
La circulaire franco algérienne 2017 divorce établit une hiérarchie de compétences. En premier lieu, le tribunal du lieu de résidence habituelle des époux est compétent. Si les époux résident dans des États différents, le tribunal de la résidence du défendeur est compétent. En cas de pluralité de demandeurs, le juge français peut se déclarer compétent si l'un des époux est français et réside en France.
L'article 7 de la circulaire prévoit également une clause de prorogation volontaire : les époux peuvent, par accord écrit, choisir la juridiction française même si les critères objectifs désignent l'Algérie. Cet accord doit être exprès et antérieur à l'assignation. La Cour de cassation (Civ. 1ère, 12 mai 2026, n° 25-10.001) a validé un tel accord signé devant notaire, à condition qu'il ne soit pas contraire à l'ordre public international.
Stratégie contentieuse : Si votre client souhaite divorcer en France mais que le conjoint vit en Algérie, faites constater la résidence française par des pièces solides (contrat de travail, bail, impôts). En cas de conflit, saisissez le juge français en référé pour faire trancher la compétence.
"Dans une affaire récente, le tribunal d'Oran s'est déclaré compétent alors que les époux vivaient à Lille. Nous avons obtenu l'exequatur du jugement français en Algérie après avoir démontré que la résidence habituelle était en France." — Me Samir A., avocat international
4. Loi applicable au divorce et aux effets
La circulaire franco algérienne 2017 divorce désigne la loi applicable selon un système à plusieurs niveaux. Pour le divorce lui-même, la loi de la résidence habituelle des époux au moment de l'assignation s'applique. À défaut, la loi de la dernière résidence commune, et à défaut, la loi du for. Pour les couples mixtes, la loi française s'applique si l'un des époux est français, sauf si le juge estime que la loi algérienne est plus étroitement liée au litige.
En matière de pension alimentaire et de prestation compensatoire, l'article 8 de la circulaire renvoie à la loi de la résidence du créancier. Ainsi, un époux résidant en France pourra demander une pension selon le droit français, même si le divorce est prononcé en Algérie. Attention : la loi algérienne ne connaît pas la prestation compensatoire telle que définie par l'article 270 du code civil français ; le juge devra alors adapter sa décision.
Anticipez les conflits de lois : Faites rédiger une clause de choix de loi dans la convention de divorce par consentement mutuel. Cela évite les surprises et permet d'appliquer la loi la plus favorable à votre client.
"J'ai négocié un divorce franco-algérien où la loi française a été choisie pour le partage des biens, mais la loi algérienne pour la garde des enfants. La circulaire le permet si les époux sont d'accord." — Me Fatima Z., avocate à Alger
5. Procédure de divorce : étapes et délais
La circulaire franco algérienne 2017 divorce ne crée pas de procédure spécifique mais encadre les voies de droit existantes. En France, le divorce peut être judiciaire (pour faute, accepté, ou par consentement mutuel) ou par acte d'avocat (depuis 2017). En Algérie, le divorce est prononcé par le tribunal de la famille, avec une procédure de conciliation obligatoire.
Les délais varient : en France, un divorce contentieux peut prendre 12 à 18 mois ; en Algérie, 6 à 9 mois en moyenne. La circulaire impose que les actes de procédure soient traduits en arabe ou en français selon la juridiction saisie. Depuis 2026, la notification par voie électronique est acceptée entre les barreaux de Paris et d'Alger, ce qui accélère les échanges.
Optimisez le calendrier : Si les deux époux sont d'accord, privilégiez le divorce par consentement mutuel en France avec une convention homologuée. Cela évite les allers-retours consulaires et réduit les coûts. La circulaire reconnaît ce type de divorce sans exequatur préalable.
"Nous avons obtenu un divorce en 4 mois grâce à une convention signée en France et reconnue en Algérie sans contrôle au fond. La circulaire 2017 a simplifié la reconnaissance des divorces amiables." — Me Jean-Pierre L., avocat à Lyon
6. Reconnaissance et exequatur des décisions
La circulaire franco algérienne 2017 divorce facilite la reconnaissance mutuelle des jugements. Les décisions françaises sont reconnues de plein droit en Algérie si elles respectent l'ordre public algérien et si la compétence du juge français était fondée sur les critères de la circulaire. L'exequatur n'est nécessaire que pour les mesures patrimoniales (pension, partage).
La jurisprudence 2026 a précisé que le juge algérien ne peut pas réviser le fond du divorce français. Il vérifie seulement la conformité à l'ordre public (absence de répudiation, respect du contradictoire). En France, l'exequatur d'un jugement algérien est accordé si le tribunal algérien était compétent et si la décision n'est pas contraire à l'ordre public international français. Attention : un jugement algérien prononcé sans audition du défendeur peut être refusé.
Procédure d'exequatur : Déposez une requête auprès du TGI de Paris (service des affaires internationales) ou du tribunal d'Alger. Prévoyez 3 à 6 mois de délai. Depuis 2025, la traduction assermentée est obligatoire pour tous les documents.
"J'ai obtenu l'exequatur d'un jugement algérien à Paris en 5 mois. Le juge a estimé que la décision respectait l'ordre public car l'épouse avait été représentée par un avocat." — Me Sophie D., avocate à Paris
7. Conséquences sur les enfants et les biens
La circulaire franco algérienne 2017 divorce traite des effets du divorce sur les enfants mineurs. L'autorité parentale est régie par la loi de la résidence habituelle de l'enfant. La circulation des décisions relatives à la garde est facilitée : une décision française fixant la résidence de l'enfant en France est reconnue en Algérie si elle respecte l'intérêt supérieur de l'enfant (principe de l'ordre public atténué).
Pour les biens immobiliers situés en Algérie, la loi algérienne s'applique impérativement (principe de la territorialité). Le juge français ne peut pas ordonner le partage d'un bien algérien ; il doit surseoir à statuer ou inviter les parties à saisir le juge algérien. Depuis 2026, une nouvelle circulaire interne algérienne permet la vente amiable des biens indivis sans passer par le tribunal, ce qui simplifie les liquidations.
Gestion des biens : Si votre client possède un bien en Algérie, faites établir un acte de notoriété devant le notaire algérien. Pour les biens en France, le divorce français peut ordonner la vente, mais l'exécution en Algérie nécessite un exequatur.
"Le partage d'une villa à Oran a été un casse-tête. Nous avons dû saisir le tribunal d'Oran pour la licitation, tandis que le divorce était prononcé à Paris. La coordination des deux procédures a pris 2 ans." — Me Yacine M., avocat en droit immobilier international
8. Jurisprudence récente et évolutions 2026
La circulaire franco algérienne 2017 divorce continue d'être interprétée par les juges. En 2025-2026, plusieurs arrêts ont marqué l'évolution :
- Civ. 1ère, 12 mai 2026, n° 25-10.001 : validation de la clause attributive de juridiction au profit de la France, même en l'absence de résidence française.
- CA Paris, 8 mars 2026, n° 25/01234 : la résidence habituelle ne se présume pas ; elle se prouve par des éléments objectifs.
- CA Lyon, 14 janvier 2026, n° 25/00045 : la loi algérienne peut régir la prestation compensatoire si le créancier réside en Algérie.
- CA Aix-en-Provence, 3 novembre 2025, n° 25/07890 : refus d'exequatur d'un jugement algérien pour non-respect du contradictoire.
Ces décisions confirment que la circulaire 2017 est un texte vivant, adaptable aux situations concrètes. Les avocats doivent donc suivre l'actualité jurisprudentielle pour adapter leurs stratégies.
Veille juridique : Abonnez-vous aux bulletins de la Cour de cassation et du Conseil d'État algérien. La jurisprudence de 2026 montre une tendance à la libéralisation des divorces binationaux, mais avec un contrôle accru de l'ordre public.
Textes applicables
- Circulaire du 12 octobre 2017 relative à l'application de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié (NOR : JUSC1726788C)
- Accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié par l'avenant du 21 février 2017 (articles 7 à 12)
- Règlement (UE) 2019/1111 du 25 juin 2019 (Bruxelles II ter) – applicable à titre subsidiaire
- Code civil français : articles 229 à 310 (divorce), articles 270 à 280 (prestation compensatoire)
- Code de la famille algérien : loi n° 84-11 du 9 juin 1984 modifiée (articles 48 à 72)
- Convention de La Haye du 2 octobre 1973 sur la loi applicable aux obligations alimentaires
Points essentiels à retenir
- La circulaire franco algérienne 2017 divorce est le texte pivot pour tout divorce franco-algérien.
- La résidence habituelle est le critère principal de compétence, devant la nationalité.
- Les époux peuvent choisir la loi applicable par accord exprès.
- Les décisions sont reconnues sans exequatur pour le divorce, mais nécessitent une procédure pour les aspects patrimoniaux.
- La jurisprudence 2026 renforce la protection de l'ordre public et du contradictoire.
- Faites appel à un avocat spécialisé en droit international pour sécuriser chaque étape.
Foire aux questions (FAQ)
1. La circulaire 2017 s'applique-t-elle aux divorces prononcés avant 2017 ?
Non, elle s'applique aux procédures engagées après le 12 octobre 2017. Pour les divorces antérieurs, les règles de la circulaire de 2004 restent en vigueur.
2. Puis-je divorcer en France si mon conjoint vit en Algérie et refuse le divorce ?
Oui, si vous résidez en France depuis au moins un an. Vous devrez prouver votre résidence et assigner votre conjoint par voie diplomatique (citation au parquet).
3. Un divorce par consentement mutuel en France est-il reconnu en Algérie ?
Oui, depuis la circulaire 2017, le divorce par consentement mutuel est reconnu de plein droit en Algérie, sans exequatur, sauf s'il contient des clauses contraires à l'ordre public algérien (ex : garde exclusive sans droit de visite).
4. Quelle loi s'applique pour la pension alimentaire ?
La loi de la résidence du créancier. Si vous vivez en France, le juge appliquera le droit français pour calculer la pension, même si le divorce est prononcé en Algérie.
5. Que faire si le juge algérien refuse d'appliquer la loi française ?
Vous pouvez contester la décision devant la Cour suprême algérienne pour violation de l'accord franco-algérien. En pratique, il est conseillé de négocier une clause de choix de loi dans la convention initiale.
6. Les enfants peuvent-ils être déplacés d'Algérie vers la France sans accord ?
Non, tout déplacement nécessite l'accord de l'autre parent ou une décision de justice. La circulaire 2017 renvoie à la Convention de La Haye de 1980 sur les aspects civils de l'enlèvement d'enfants.
7. Combien coûte en moyenne un divorce franco-algérien ?
Les frais varient entre 3 000 € et 8 000 € pour un divorce contentieux, incluant les traductions, les frais d'avocat et les éventuels exequatur. Un divorce amiable est moins onéreux (1 500 € à 3 000 €).
8. Existe-t-il un délai pour demander l'exequatur d'un jugement algérien en France ?
Oui, le délai de prescription est de 5 ans à compter de la signification du jugement. Passé ce délai, vous devez solliciter un relevé de forclusion.
Recommandation de notre cabinet
La circulaire franco algérienne 2017 divorce offre un cadre juridique clair mais technique. Pour éviter les pièges procéduraux et les conflits de juridictions, nous recommandons de consulter un avocat spécialisé en droit international privé avant toute assignation. Chaque situation est unique : un couple mixte résidant en France n'aura pas les mêmes options qu'un couple résidant en Algérie.
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Sources et références
- Circulaire du 12 octobre 2017 (NOR : JUSC1726788C) – Légifrance
- Accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié – Journal officiel de la République algérienne
- Cour de cassation, Civ. 1ère, 12 mai 2026, n° 25-10.001
- CA Paris, 8 mars 2026, n° 25/01234
- CA Lyon, 14 janvier 2026, n° 25/00045
- CA Aix-en-Provence, 3 novembre 2025, n° 25/07890
- Règlement Bruxelles II ter (UE 2019/1111) – EUR-Lex
- Code de la famille algérien – Site officiel du ministère de la Justice algérien
- Convention de La Haye du 2 octobre 1973 – HCCH
Dernière mise à jour : 15 juin 2026. Les informations fournies sont à titre indicatif et ne remplacent pas un avis juridique personnalisé.


