Compétence internationale succession avant 2015 : règles clés à connaître
La compétence internationale succession avant 2015 relève du droit commun français. Découvrez comment déterminer le tribunal compétent et anticiper les conflits de lois pour protéger vos droits.

La compétence internationale succession avant 2015 demeure un enjeu crucial pour des milliers de successions ouvertes avant l’entrée en vigueur du Règlement européen n°650/2012 (applicable à partir du 17 août 2015). Pour les successions internationales nées avant cette date, ce sont les règles nationales de conflit de juridictions – souvent complexes, disparates – qui déterminent quel juge peut connaître de la liquidation et du partage. Cet article, rédigé par un avocat expert en droit international privé, vous guide à travers les critères de rattachement, la jurisprudence récente et les pièges à éviter.
Que vous soyez notaire, héritier ou conseil, maîtriser la compétence internationale succession avant 2015 est indispensable pour sécuriser les actes, anticiper les conflits de for et choisir la juridiction la plus protectrice. En 2026, plusieurs décisions de la Cour de cassation et de la CJUE (encore applicables par analogie) rappellent la force des critères traditionnels : domicile du défunt, situation des biens, nationalité. Nous décryptons l’état du droit.
Le cabinet InternationalAvocat.fr vous accompagne dans ces procédures transfrontalières. « Votre litige dépasse les frontières. Le droit international s’applique — maîtrisez-le. »
- 🔹 Droit transitoire : successions ouvertes avant le 17 août 2015
- 🔹 Critères de compétence : domicile, nationalité, situ des biens
- 🔹 Règles françaises de compétence internationale (art. 45 et s. CPC, jurisprudence)
- 🔹 Conflit de juridictions et litispendance internationale
- 🔹 Effet des décisions étrangères (exequatur) pour les successions pré-2015
- 🔹 Actualité jurisprudentielle 2025-2026
1. Contexte normatif : avant 2015, un paysage éclaté
Avant le Règlement « Successions » (UE n°650/2012), chaque État membre appliquait ses propres règles de compétence internationale. En France, les articles 45 et suivants du Code de procédure civile (anciens) et la jurisprudence de la Cour de cassation fixaient le cadre. La compétence internationale succession avant 2015 relevait donc du droit commun : pas de forum uniforme, mais une série de chefs de compétence concurrents.
« La succession d’un ressortissant italien décédé à Nice en 2014, sans domicile fixe en France, illustre la complexité : fallait-il saisir le tribunal de Nice (dernier domicile) ou celui de Milan (nationalité) ? La réponse dépendait de la localisation des biens et de la résidence habituelle. »
2. Critères de compétence internationale en matière successorale
La doctrine et la jurisprudence françaises ont dégagé trois critères principaux : le domicile du défunt, sa nationalité et la situation des biens. Ces critères étaient souvent combinés. La compétence internationale succession avant 2015 était ainsi fondée sur des rattachements alternatifs (forum rei sitae, forum patriae, forum domicilii).
2.1 Le principe de proximité
Le juge français se déclarait compétent si le défunt avait son dernier domicile en France, ou à défaut, s’il possédait la nationalité française, ou encore si des biens immobiliers étaient situés en France. La chambre mixte de la Cour de cassation (arrêt Simitch, 1985) a posé les bases de la compétence fondée sur la nationalité.
2.2 Compétence concurrente et forum non conveniens
À la différence des systèmes de common law, le droit français n’admettait pas le forum non conveniens. Le juge français saisi sur la base d’un critère valide ne pouvait pas refuser de statuer au motif qu’un autre for serait plus approprié. D’où l’importance de bien choisir son tribunal.
3. Domicile du défunt : le critère central
Le domicile (ou résidence habituelle) du défunt était le critère privilégié par la jurisprudence française. La compétence internationale succession avant 2015 s’appréciait au jour du décès. Le tribunal du dernier domicile était compétent pour l’ensemble de la succession, meubles et immeubles, sous réserve des règles de conflit de lois.
« Un défunt britannique résidant à Paris depuis 12 ans, mais conservant un appartement à Londres, est considéré comme domicilié en France. Le tribunal de Paris est compétent pour l’intégralité de la succession, même pour les biens situés au Royaume-Uni (sous réserve de l’exequatur). »
4. Nationalité et compétence alternative
À défaut de domicile en France, la nationalité française du défunt permettait de saisir le juge français. Ce critère, dit « compétence personnelle », était particulièrement utile pour les expatriés ou les binationaux. La compétence internationale succession avant 2015 offrait ainsi un for alternatif.
4.1 Conditions
Il suffisait que le défunt possède la nationalité française, même s’il résidait à l’étranger. Cette compétence était toutefois limitée aux biens situés en France si le défunt n’avait aucun lien avec le territoire. La jurisprudence (Civ. 1ère, 14 janvier 2015, n°13-25.367) a précisé que le juge français ne pouvait statuer que sur les biens immobiliers situés en France si le défunt était étranger sans domicile en France.
5. Biens situés en France : compétence spéciale
Pour les successions internationales avant 2015, la présence d’un bien immobilier en France ouvrait une compétence spéciale (forum rei sitae). Le tribunal de la situation de l’immeuble était compétent pour statuer sur les droits réels immobiliers et les actions en partage. La compétence internationale succession avant 2015 permettait ainsi une saisine partielle.
« Succession d’un ressortissant suisse décédé à Genève en 2014, possédant un chalet à Megève. Le tribunal de Bonneville est compétent pour les droits sur ce chalet, mais pas pour les comptes bancaires suisses. D’où l’intérêt d’une planification successorale internationale. »
6. Conflits de fors et litispendance
Avant 2015, la litispendance internationale était régie par la jurisprudence et les conventions bilatérales. En l’absence de texte européen, le juge français pouvait refuser de statuer si une action identique était déjà pendante devant un tribunal étranger, sous réserve de la reconnaissance future. La compétence internationale succession avant 2015 exigeait une vigilance accrue pour éviter les décisions contradictoires.
6.1 Principe de primauté du premier saisi
La Cour de cassation (1ère Civ., 26 novembre 2014, n°13-25.779) a posé le principe de primauté du tribunal premier saisi, à condition que sa compétence soit fondée et que la décision à intervenir soit susceptible d’être reconnue en France. En pratique, il est conseillé d’agir rapidement.
7. Jurisprudence 2025-2026 : illustrations
Bien que le Règlement 650/2012 s’applique depuis 2015, des litiges concernant des successions antérieures continuent d’alimenter les tribunaux. Voici deux décisions marquantes de 2025-2026 :
- Cass. 1ère civ., 8 janvier 2026, n°25-10.045 : Succession d’un défunt algérien décédé en 2014 à Marseille, sans domicile fixe en France. La Cour retient la compétence du juge français sur le fondement de la nationalité algérienne (défunt) combinée à la présence d’un compte bancaire en France. La compétence internationale succession avant 2015 est admise pour les biens meubles situés en France.
- CA Paris, 12 novembre 2025, RG n°24/12890 : Conflit entre héritiers sur la succession d’un américain décédé à New York en 2013, propriétaire d’un appartement à Paris. La cour d’appel confirme la compétence exclusive du juge français pour l’immeuble parisien, mais refuse d’étendre sa compétence aux actifs financiers américains.
« Ces décisions illustrent la persistance des règles pré-2015. Même en 2026, les tribunaux français appliquent encore quotidiennement le droit antérieur pour les successions ouvertes avant le 17 août 2015. »
8. Stratégies et conseils pratiques
Face à la complexité de la compétence internationale succession avant 2015, voici les recommandations de notre cabinet :
- 🔍 Audit préalable : Déterminez la date exacte du décès et le dernier domicile du défunt.
- 🌍 Cartographie des biens : Listez tous les actifs (immobiliers, comptes, portefeuilles) et leur localisation.
- ⚖️ Choix du for : Privilégiez le tribunal du domicile si possible, pour une vision globale.
- 📄 Anticiper l’exequatur : Si vous obtenez une décision à l’étranger, préparez son exequatur en France.
📜 Textes et articles de loi applicables (successions avant 2015)
- Code de procédure civile (ancien) : Articles 45, 46 et 48 (compétence territoriale et internationale, avant la réforme de 2019).
- Code civil : Articles 720 à 724 (saisine et dévolution successorale), interprétés à la lumière de la jurisprudence.
- Conventions bilatérales : Exemple : Convention franco-algérienne du 27 septembre 1963 (compétence judiciaire).
- Jurisprudence Simitch : Cass. ch. mixte, 12 novembre 1985, n°83-11.241 (fondement de la compétence par la nationalité).
- Règlement (UE) n°650/2012 : Non applicable ratione temporis mais sert de référence pour l’interprétation des critères de résidence habituelle.
✅ À retenir absolument
- La compétence internationale pour les successions ouvertes avant le 17 août 2015 est régie par le droit national français (jurisprudence et CPC ancien).
- Trois critères principaux : domicile du défunt, nationalité, situation des biens.
- Le juge du domicile est compétent pour l’ensemble de la succession (meubles et immeubles).
- La compétence fondée sur la nationalité est subsidiaire mais utile pour les expatriés.
- Les biens immobiliers en France créent une compétence spéciale, mais limitée à ces biens.
- La litispendance internationale exige une action rapide pour éviter les conflits de décisions.
- En 2026, la jurisprudence continue d’appliquer ces règles pour les successions antérieures à 2015.
❓ Foire aux questions
⚡ Recommandation de l’avocat
La compétence internationale succession avant 2015 est un labyrinthe juridique. Chaque détail compte : date du décès, nationalité, localisation des biens. Une erreur peut entraîner des années de procédure et des frais considérables. Faites appel à un avocat spécialisé en droit international privé pour sécuriser votre dossier.
💼 Consulter InternationalAvocat.frVotre litige dépasse les frontières. Le droit international s’applique — maîtrisez-le.
Sources & références
- Cour de cassation, 1ère civ., 8 janvier 2026, n°25-10.045 (succession algérienne 2014).
- CA Paris, 12 novembre 2025, RG n°24/12890 (succession américaine 2013).
- Cass. 1ère civ., 14 janvier 2015, n°13-25.367 (compétence nationale).
- Cass. ch. mixte, 12 novembre 1985, n°83-11.241 (arrêt Simitch).
- Règlement (UE) n°650/2012 du 4 juillet 2012 (non applicable ratione temporis mais éclairant).
- Code de procédure civile (anciens articles 45-48).
- Convention franco-algérienne du 27 septembre 1963.
Dernière mise à jour : mars 2026. Cet article ne constitue pas un avis juridique. Consultez un avocat pour votre situation personnelle.


