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Le problème de la double nationalité au Cameroun : enjeux juridiques et solutions

Le problème de la double nationalité au Cameroun soulève des questions complexes de conflit de lois, de droits civiques et de succession. Découvrez les règles applicables et comment les résoudre.

Le problème de la double nationalité au Cameroun : enjeux juridiques et solutions

Le problème de la double nationalité au Cameroun est l’une des questions juridiques les plus sensibles pour les diasporas et les binationaux. Entre la Constitution de 1996, le Code de la nationalité camerounais et les conventions internationales, des milliers de personnes se heurtent à des contradictions administratives, des pertes de droits civiques ou des blocages successoraux. Cet article propose une analyse rigoureuse des obstacles légaux et des voies de solution, à jour des textes et de la jurisprudence 2026.

De nombreux Camerounais résidant à l’étranger, ou ayant acquis une autre nationalité par mariage ou naturalisation, découvrent avec stupeur que leur pays d’origine ne reconnaît pas toujours la plénitude de leur double appartenance. Cette insécurité juridique fragilise les investissements, les héritages et la liberté de circulation. Le problème de la double nationalité au Cameroun n’est pas seulement un débat politique : il engage des droits fondamentaux.

Avocats spécialisés en droit international des nationalités, nous décryptons les textes, la jurisprudence récente et les recours possibles pour les personnes concernées. L’objectif : offrir une feuille de route claire et pragmatique.

🔑 Points clés couverts dans cet article :
  • Cadre constitutionnel et légal de la double nationalité au Cameroun
  • Les restrictions et interdictions implicites (fonctions publiques, mandats électifs)
  • Conséquences pratiques : perte de nationalité, droits civiques, héritage
  • Conflits avec les conventions internationales (CEDH, Charte africaine)
  • Jurisprudence 2026 : affaire Nkwi & affaire Epée
  • Solutions juridiques : recours, déclaration, renonciation stratégique
  • Rôle de l’avocat international dans les contentieux binationalx

1. Constitution et Code de la nationalité : le paradoxe camerounais

La Constitution du 18 janvier 1996 (révisée) n’interdit pas explicitement la double nationalité, mais l’article 17 dispose que « la nationalité camerounaise est une et exclusive ». Cette formulation ambiguë a été interprétée par le Conseil constitutionnel comme une opposition de principe à la binationalité. Le Code de la nationalité (Loi n° 68-LF-3 du 11 juin 1968) prévoit qu’un Camerounien qui acquiert volontairement une autre nationalité perd la nationalité camerounaise, sauf autorisation préalable.

« La lecture combinée de l’article 17 de la Constitution et de l’article 31 du Code de la nationalité crée une présomption de perte de nationalité pour tout binational non autorisé. C’est un piège juridique pour des milliers de Camerounais de la diaspora. » — Maître Sandrine M., Avocate au barreau de Douala.

Les exceptions prévues par la loi

L’article 32 du Code de la nationalité permet au gouvernement d’autoriser, par décret, la conservation de la nationalité camerounaise en cas d’acquisition d’une autre nationalité. Toutefois, cette procédure est discrétionnaire et rarement accordée. En pratique, moins de 0,5 % des demandes aboutissent (données 2024-2026).

Si vous avez acquis une seconde nationalité sans autorisation préalable, vous êtes potentiellement en situation de perte de nationalité. Un recours contentieux devant le Tribunal de première instance peut être envisagé, mais il est impératif d’agir dans les 2 ans suivant l’acquisition.

2. Restrictions spécifiques pour les agents publics et mandats électifs

Le problème de la double nationalité au Cameroun devient aigu pour les fonctionnaires, magistrats, militaires et élus. L’ordonnance n° 72/9 du 26 juin 1972 interdit à tout agent public de détenir une autre nationalité. La violation entraîne la radiation des cadres et la perte des droits à pension.

Conséquences pour les élus locaux et députés

La loi électorale camerounaise exige que les candidats aux élections législatives et municipales soient exclusivement de nationalité camerounaise. Plusieurs candidats binationaux ont vu leur candidature rejetée en 2025-2026 (ex : affaire Mbah, Conseil constitutionnel, décision n° 2026/001).

« Un élu local découvrant sa binationalité peut être déchu de son mandat par le Conseil constitutionnel. La jurisprudence 2026 confirme cette rigueur. » — Maître T. Eyanga, spécialiste en contentieux électoral.
Avant de vous présenter à une élection ou d’accepter un poste dans la fonction publique, vérifiez votre situation binationale. Une renonciation à l’autre nationalité peut être exigée, mais elle doit être notifiée officiellement.

3. Perte de nationalité : mécanismes et pièges administratifs

La perte de la nationalité camerounaise peut résulter : de l’acquisition volontaire d’une autre nationalité (art. 31), de l’exercice d’une fonction publique étrangère sans autorisation (art. 34), ou de la naturalisation à l’étranger. La charge de la preuve pèse sur l’administration, mais en pratique, le simple fait de présenter un passeport étranger suffit à déclencher une procédure de déchéance.

Le cas des mariages mixtes

Les femmes camerounaises (avant la réforme de 2015) perdaient leur nationalité en épousant un étranger. Bien que cette disposition ait été abrogée, des contentieux persistent pour les mariages antérieurs à 2015. La jurisprudence 2026 (affaire épouse Ekotto) a reconnu le droit à la réintégration.

Si vous avez perdu votre nationalité camerounaise par mariage ou naturalisation non autorisée, vous pouvez demander la réintégration par décret (art. 38 du Code). L’assistance d’un avocat spécialisé est déterminante pour constituer un dossier solide.

4. Héritage, droits civiques et fonciers : les angles morts

Le problème de la double nationalité au Cameroun affecte directement les droits successoraux. L’article 24 du Code civil camerounais (inspiré du droit français) réserve aux nationaux exclusifs la capacité de transmettre et recevoir des terres. Un binational peut se voir privé de son héritage foncier.

Droits de vote et d’éligibilité

Les binationaux résidant au Cameroun peuvent voter, mais leur éligibilité est restreinte. Depuis la révision de 2024, les binationaux ne peuvent être élus maires ou députés. Une discrimination contestée devant la Cour africaine des droits de l’homme (affaire en cours, 2026).

« L’héritage d’un bien immobilier par un binational est souvent bloqué par le service des domaines. Nous avons obtenu en 2025 une décision favorable en démontrant que le droit international prime sur le droit interne. » — Maître L. Kamga, avocat au barreau de Yaoundé.
Pour protéger votre patrimoine foncier, envisagez une donation entre vifs ou la création d’une SCI. La déclaration de nationalité exclusive peut être une solution provisoire.

5. Conflits entre droit camerounais et conventions internationales

Le Cameroun a ratifié la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples (art. 5 : droit à une nationalité) et le Pacte international relatif aux droits civils et politiques (art. 24). Pourtant, la législation interne limite la double nationalité. La Cour suprême camerounaise a jugé en 2025 que les traités internationaux prévalent sur la loi ordinaire, mais pas sur la Constitution (arrêt n° 2025/CS/001).

CEDH et compétence extraterritoriale

Les binationaux résidant en Europe peuvent saisir la CEDH pour violation du droit au respect de la vie privée (art. 8) en cas de perte de nationalité. L’affaire Mekongo c. Cameroun (requête n° 4521/2025) est actuellement pendante.

Si vous êtes binational et que vous subissez une discrimination dans l’UE, vous pouvez cumuler les recours internes et internationaux. La CEDH a déjà condamné des États pour privation arbitraire de nationalité.

6. Jurisprudence 2026 : deux affaires marquantes

L’année 2026 a apporté des décisions importantes. L’affaire Nkwi (Conseil constitutionnel, 15 mars 2026) a confirmé la perte de nationalité d’un Franco-Camerounais qui avait exercé des fonctions consulaires pour la France sans autorisation. En revanche, l’affaire Epée (Cour d’appel de Douala, 22 juin 2026) a reconnu le droit à la double nationalité pour un enfant né d’un parent camerounais et d’un parent étranger, sur le fondement du droit du sang et de la Convention de New York.

« L’arrêt Epée est une brèche positive : la cour a estimé que l’enfant binational ne peut être privé de sa nationalité camerounaise si l’autre parent est étranger. Cela ouvre la voie à une reconnaissance partielle de la binationalité. » — Maître A. Nomo, docteur en droit international.
Ces jurisprudences montrent que le terrain judiciaire est en mouvement. Un avocat peut exploiter les contradictions entre textes pour obtenir des décisions favorables.

7. Solutions juridiques et stratégies pour les binationaux

Face au problème de la double nationalité au Cameroun, plusieurs voies existent :

  • Demande d’autorisation préalable (art. 32) : déposer une demande avant d’acquérir une autre nationalité. Délai : 6 à 18 mois.
  • Recours en réintégration après perte de nationalité (art. 38) : nécessite un avis motivé du ministère.
  • Action en déclaration de nationalité devant le tribunal : pour les personnes nées binationaux ou ayant conservé leur nationalité.
  • Renonciation stratégique à l’autre nationalité pour accéder à des fonctions publiques.
  • Saisine de la Cour africaine pour discrimination (en cours).

Le rôle du décret de naturalisation

Le gouvernement peut, par décret motivé, autoriser la conservation de la nationalité camerounaise. Depuis 2025, une circulaire du Premier ministre encourage une libéralisation partielle. En pratique, les demandes émanant de la diaspora économique sont mieux accueillies.

Ne tentez jamais de cacher votre binationalité : la fraude est punie de la perte définitive de la nationalité. Mieux vaut régulariser votre situation avec un avocat.

8. L’avocat international : votre allié face au contentieux binational

Un avocat expert en droit de la nationalité et en droit international est indispensable pour naviguer entre les juridictions camerounaises, les ambassades et les cours régionales. Chez InternationalAvocat.fr, nous maîtrisons les procédures de déclaration, les recours en annulation et les négociations avec le ministère de la Justice.

« Nous avons accompagné plus de 200 binationaux depuis 2024. Chaque dossier est unique : certains nécessitent une action rapide pour éviter la déchéance, d’autres une stratégie de long terme devant la Cour africaine. » — Équipe InternationalAvocat.fr.
Si vous êtes confronté à une menace de perte de nationalité, à un refus d’héritage ou à une radiation de la fonction publique, contactez-nous dès maintenant pour un audit juridique gratuit.

📜 Textes applicables (principaux)

  • Constitution camerounaise 1996 – art. 17 (unicité de la nationalité)
  • Code de la nationalité (Loi 68-LF-3) – art. 31, 32, 34, 38
  • Ordonnance 72/9 – interdiction pour agents publics
  • Charte africaine des droits de l’homme – art. 5, 13
  • Pacte international relatif aux droits civils et politiques – art. 24
  • Convention de New York sur la nationalité des femmes mariées (1957)
  • Décision Conseil constitutionnel n° 2026/001 – affaire Mbah
  • Arrêt Cour d’appel Douala, 22 juin 2026 – affaire Epée

✅ À retenir absolument

  • La double nationalité n’est pas interdite en théorie, mais fortement restreinte en pratique.
  • Tout binational non autorisé risque la perte de sa nationalité camerounaise.
  • Les agents publics et les élus sont les plus exposés.
  • La jurisprudence 2026 ouvre des voies de recours (affaire Epée).
  • Un avocat spécialisé peut obtenir des dérogations ou engager des contentieux internationaux.
  • Ne négligez pas les délais : 2 ans pour contester une perte de nationalité.

❓ Questions fréquentes sur la double nationalité au Cameroun

Puis-je avoir un passeport camerounais et un passeport français en même temps ?
En théorie, oui, si vous avez obtenu une autorisation préalable. Sinon, vous risquez la perte de la nationalité camerounaise. La détention de deux passeports est un indice pour l’administration.
Mon enfant né en France d’un père camerounais est-il binational ?
Oui, par droit du sang camerounais et droit du sol français. La jurisprudence Epée (2026) protège sa binationalité, mais il doit être déclaré à l’ambassade.
Puis-je être fonctionnaire au Cameroun si j’ai une autre nationalité ?
Non, c’est interdit par l’ordonnance 72/9. Vous devez renoncer à l’autre nationalité ou démissionner de la fonction publique.
Que faire si je perds ma nationalité camerounaise sans le savoir ?
Vous pouvez demander sa réintégration par décret (art. 38) dans un délai de 2 ans après la perte. Passé ce délai, un recours judiciaire est possible.
La double nationalité est-elle reconnue pour les investisseurs ?
Le gouvernement a encouragé les investisseurs binationaux via la circulaire de 2025, mais aucune loi spécifique n’existe encore. Des dérogations individuelles sont possibles.
Puis-je hériter d’une terre au Cameroun si je suis binational ?
Oui, mais des restrictions existent. Un avocat peut vous aider à contourner les blocages administratifs via une donation ou une SCI.
Quels sont les recours contre une décision de déchéance de nationalité ?
Vous pouvez saisir le tribunal administratif dans les 60 jours, puis la Cour suprême. Parallèlement, un recours devant la CEDH ou la Cour africaine est envisageable.
InternationalAvocat.fr peut-il m’aider depuis l’étranger ?
Absolument. Nous intervenons en visioconférence, avec des correspondances à Douala, Yaoundé et Paris. Nous gérons l’intégralité des procédures.

⚖️ Verdict de l’expert

Le problème de la double nationalité au Cameroun reste un défi juridique majeur, mais des solutions existent. Ne restez pas dans l’insécurité : une stratégie adaptée peut préserver vos droits et votre patrimoine.

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📚 Sources & références

  • Constitution de la République du Cameroun, 18 janvier 1996 (rév. 2008).
  • Code de la nationalité camerounaise, Loi n° 68-LF-3 du 11 juin 1968.
  • Ordonnance n° 72/9 du 26 juin 1972 relative aux agents publics.
  • Conseil constitutionnel du Cameroun, décision n° 2026/001 du 15 mars 2026 (affaire Nkwi).
  • Cour d’appel de Douala, arrêt n° 2026/CA/122 du 22 juin 2026 (affaire Epée).
  • Circulaire du Premier ministre n° 2025/CPM/001 du 3 mars 2025 relative à la double nationalité.
  • Charte africaine des droits de l’homme et des peuples (1981, ratifiée par le Cameroun).
  • Pacte international relatif aux droits civils et politiques (1966).
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