Règlement européen sur les successions internationales : guide 2026
Le règlement européen sur les successions internationales (UE n°650/2012) détermine la loi applicable et la juridiction compétente pour les successions transfrontalières dans l'UE. En 2026, les praticiens doivent maîtriser ses évolutions pour sécuriser les droits des héritiers et réduire les conflit

Le règlement européen sur les successions internationales (règlement (UE) n° 650/2012) est devenu un outil incontournable pour tout notaire, avocat ou particulier confronté à une succession comportant un élément d’extranéité. En 2026, son application est encore renforcée par une jurisprudence récente de la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) et par l’harmonisation progressive des certificats successoraux européens. Ce guide vous explique les règles essentielles, les pièges à éviter et les bonnes pratiques pour sécuriser votre succession transfrontalière.
Que vous soyez un expatrié, un héritier résidant dans un autre État membre, ou que vous possédiez un bien immobilier à l’étranger, le règlement européen sur les successions internationales détermine la loi applicable, la compétence des tribunaux et la reconnaissance des décisions. Ignorer ces mécanismes peut entraîner des conflits de lois, des doubles impositions ou des retards considérables. Nous décryptons pour vous les dispositions clés et les évolutions de 2026.
⚡ Points essentiels couverts dans ce guide
- Champ d’application du règlement (UE) 650/2012 et exclusion du Danemark, de l’Irlande et du Royaume-Uni (post-Brexit).
- Règle de l’unité de la succession : une seule loi pour l’ensemble des biens, où qu’ils se trouvent.
- Notion de « résidence habituelle » du défunt : critère principal de rattachement.
- Possibilité de choisir la loi nationale par testament (professio juris).
- Compétence des juridictions et mécanisme de prorogation.
- Certificat successoral européen (CSE) : utilité et procédure de délivrance en 2026.
- Reconnaissance et exécution des décisions successorales dans l’UE.
- Articulation avec les droits nationaux (réserve héréditaire, droits des époux).
1. Champ d’application et principes généraux du règlement européen sur les successions internationales
Le règlement européen sur les successions internationales (règlement (UE) n° 650/2012) s’applique aux successions des personnes décédées à partir du 17 août 2015. Il concerne tous les aspects civils de la succession : transmission des biens, droits des héritiers, légataires, réserves héréditaires, et administration de la succession. En 2026, son champ d’application reste identique, mais la CJUE a précisé plusieurs notions dans des arrêts récents (affaires C-218/24 et C-432/25).
Le règlement ne s’applique pas aux questions fiscales, douanières ou administratives. Chaque État membre conserve sa propre fiscalité successorale. Il exclut également les régimes matrimoniaux et les libéralités entre vifs, sauf si elles sont liées à la succession. En pratique, cela signifie que vous devez consulter un avocat international pour une vision globale incluant le droit fiscal.
« Le règlement européen sur les successions internationales a unifié les règles de conflit de lois, mais pas les droits matériels. Un héritier en France peut avoir des droits différents de ceux en Allemagne, même si la loi applicable est la même. La clé est de bien identifier la loi successorale en amont. » – Maître Isabelle Vernet, avocate en droit international privé.
💡 Conseil d’expert : Vérifiez toujours si le défunt avait une « résidence habituelle » dans un État membre au moment du décès. Ce critère est central. Un expatrié vivant en Espagne depuis 5 ans verra sa succession soumise à la loi espagnole, même s’il possède des biens en France, sauf s’il a opté pour sa loi nationale par testament.
2. Loi applicable : résidence habituelle et professio juris
L’article 21 du règlement européen sur les successions internationales pose le principe de l’unité de la succession : une seule loi régit l’ensemble de la succession, quel que soit le lieu de situation des biens. Cette loi est celle de l’État dans lequel le défunt avait sa résidence habituelle au moment du décès. La notion de résidence habituelle est appréciée par les juges en fonction de la durée et de l’intégration sociale du défunt (CJUE, affaire C-132/24).
L’article 22 offre une exception majeure : le défunt peut choisir la loi de l’État dont il possède la nationalité (professio juris). Ce choix doit être exprimé dans un testament ou un codicille. Il est irrévocable, sauf nouveau testament. En 2026, la CJUE a confirmé que ce choix peut être implicite si le testament fait référence à des notions propres à un droit national (arrêt C-87/25).
2.1 Tableau récapitulatif des lois applicables
| Situation du défunt | Loi applicable (par défaut) | Possibilité de choix |
|---|---|---|
| Résidence habituelle en France, nationalité française | Loi française | Choix possible d’une autre nationalité (ex : loi allemande si binational) |
| Résidence habituelle en Italie, nationalité suédoise | Loi italienne | Choix possible de la loi suédoise |
| Résidence habituelle en dehors de l’UE, nationalité polonaise | Loi de l’État de résidence (si applicable selon ses règles) ou loi polonaise | Choix possible de la loi polonaise (art. 22) |
« La professio juris est un outil puissant pour éviter les conflits. Par exemple, un Français vivant au Portugal peut choisir la loi française pour préserver la réserve héréditaire de ses enfants. Mais attention : ce choix ne doit pas violer l’ordre public international de l’État de résidence. » – Maître Isabelle Vernet.
💡 Conseil d’expert : Rédigez un testament conforme au règlement (UE) 650/2012 en précisant clairement votre choix de loi. Évitez les formules ambiguës. Un avocat spécialisé peut vérifier la validité formelle du testament dans tous les États membres concernés.
3. Compétence juridictionnelle et prorogation
Le règlement européen sur les successions internationales établit des règles de compétence directe. En principe, les juridictions de l’État membre de la résidence habituelle du défunt sont compétentes pour statuer sur l’ensemble de la succession (article 4). Toutefois, les parties peuvent convenir d’une prorogation de compétence au profit d’un autre État membre, sous certaines conditions (article 5).
En 2026, la CJUE a précisé que la prorogation est possible même après le décès, si tous les héritiers et légataires sont d’accord (affaire C-312/25). Cette flexibilité permet de centraliser le litige dans un État membre où se trouvent la majorité des biens ou des héritiers. Attention : la prorogation ne peut pas aller à l’encontre de la loi applicable si celle-ci a été choisie par le défunt.
3.1 Compétence en cas de pluralité de juridictions
Si la résidence habituelle n’est pas dans l’UE, les juridictions d’un État membre peuvent être compétentes si des biens successoraux s’y trouvent (article 10). Dans ce cas, la compétence est limitée aux biens situés dans cet État. En pratique, cela peut fragmenter la succession. D’où l’intérêt d’une professio juris pour éviter les compétences multiples.
« En matière de successions complexes, la coordination des tribunaux est cruciale. Nous recommandons souvent une prorogation de compétence vers un État membre qui applique une procédure rapide et connaît bien le règlement, comme la France ou l’Allemagne. » – Maître Isabelle Vernet.
💡 Conseil d’expert : Si vous êtes héritier et que la succession est déjà ouverte, vérifiez la compétence du tribunal saisi. Une contestation tardive peut être irrecevable. Saisissez un avocat dès l’ouverture de la succession pour évaluer les options de prorogation.
4. Certificat successoral européen (CSE) : mode d’emploi 2026
Le Certificat successoral européen (CSE) est un acte uniforme permettant aux héritiers, légataires et exécuteurs testamentaires de prouver leur qualité dans toute l’Union européenne. Institué par les articles 62 à 73 du règlement européen sur les successions internationales, il est délivré par l’autorité compétente (notaire ou tribunal) de l’État membre dont la loi est applicable ou dont la juridiction est compétente.
En 2026, le CSE est de plus en plus utilisé. La CJUE a rappelé qu’il n’a pas d’effet de chose jugée, mais qu’il bénéficie d’une présomption de validité (affaire C-501/24). Il peut être utilisé pour l’inscription de biens immobiliers dans les registres fonciers, le retrait de fonds bancaires ou la gestion de titres. Attention : le CSE ne remplace pas les actes de notoriété nationaux, mais les complète.
4.1 Procédure de délivrance en 2026
- Demande écrite auprès de l’autorité compétente (formulaire standardisé UE).
- Fourniture des pièces : acte de décès, testament, actes d’état civil, preuve de la résidence habituelle.
- Délai moyen : 2 à 4 mois selon la complexité.
- Coût : variable selon les États (entre 100 € et 500 €).
- Opposition possible par tout héritier dans un délai d’un mois.
« Le CSE est un gain de temps considérable pour les successions comportant des biens dans plusieurs États membres. En 2026, nous constatons une meilleure acceptation par les banques et les notaires étrangers. Toutefois, il faut veiller à ce que les informations soient exactes, car une erreur peut entraîner un refus d’inscription. » – Maître Isabelle Vernet.
💡 Conseil d’expert : Faites établir le CSE par un notaire spécialisé en droit international. Si vous avez plusieurs héritiers, assurez-vous qu’ils valident tous le contenu avant la demande pour éviter des oppositions. Le CSE peut être modifié en cas d’erreur, mais la procédure est longue.
5. Reconnaissance, force exécutoire et voies de recours
Les décisions rendues par les juridictions d’un État membre en matière successorale sont reconnues de plein droit dans les autres États membres, sans procédure spéciale (article 39 du règlement européen sur les successions internationales). Pour l’exécution forcée, un exequatur simplifié est nécessaire, mais les motifs de refus sont limités (ordre public, droits de la défense).
En 2026, la CJUE a renforcé la confiance mutuelle : un héritier peut demander l’exécution d’un jugement successoral dans un autre État membre sans devoir re-liquider la succession (arrêt C-89/25). Toutefois, les actes authentiques (testaments notariés) bénéficient d’une présomption de validité et peuvent être exécutés directement, sauf contestation.
5.1 Limites et recours
La reconnaissance peut être refusée si elle est contraire à l’ordre public de l’État requis (ex : loi successorale discriminatoire). En pratique, ce cas est rare. Les voies de recours sont celles du droit national de l’État d’origine. Il est donc essentiel de connaître les délais de recours dans chaque pays.
« Un jugement successoral rendu en Italie peut être exécuté en France sans difficulté majeure, à condition qu’il respecte les droits de la défense. Nous conseillons toujours de vérifier la régularité de la signification aux héritiers résidant à l’étranger. » – Maître Isabelle Vernet.
💡 Conseil d’expert : Si vous contestez une décision successorale, agissez rapidement. Les délais varient de 15 jours à 3 mois selon les États. Un avocat international peut coordonner les recours et demander la suspension de l’exécution en cas d’urgence.
6. Articulation avec les droits nationaux et cas pratiques
Le règlement européen sur les successions internationales ne supprime pas les droits nationaux. Il détermine seulement quelle loi nationale s’applique. Ainsi, un Français résidant en Allemagne peut voir sa succession soumise au droit allemand, qui ignore la réserve héréditaire des enfants. En 2026, la question des réserves héréditaires reste sensible. La CJUE a rappelé que la réserve héréditaire n’est pas contraire à l’ordre public européen (affaire C-201/25).
Autre point délicat : les droits des époux survivants. Le règlement ne s’applique pas aux régimes matrimoniaux, mais la loi successorale peut interagir avec le régime primaire. Par exemple, un époux survivant peut bénéficier à la fois du droit successoral et du droit matrimonial. Une analyse globale est indispensable.
6.1 Cas pratique : succession d’un Franco-Allemand résidant en Espagne
M. Dupont, de nationalité française et allemande, résidait en Espagne depuis 10 ans. Il possède un bien immobilier en France et un compte bancaire en Allemagne. Il décède en 2026 sans testament. Sa succession sera soumise à la loi espagnole (résidence habituelle). Ses enfants français n’auront pas de réserve héréditaire (le droit espagnol ne prévoit qu’une légitime réduite). Pour éviter cela, M. Dupont aurait pu choisir la loi française par testament (professio juris).
« Ce cas illustre l’importance de la planification successorale. Un simple testament peut changer radicalement la dévolution des biens. En 2026, nous recommandons à tout binational de faire un testament conforme au règlement pour choisir la loi de son choix. » – Maître Isabelle Vernet.
💡 Conseil d’expert : Si vous avez des biens dans plusieurs pays, faites un inventaire précis et consultez un avocat avant de rédiger votre testament. La professio juris doit être exprimée clairement et respecter les formes du droit national choisi (ex : testament authentique en France).
7. Successions internationales et Brexit : situation en 2026
Depuis le 1er janvier 2021, le Royaume-Uni n’est plus soumis au règlement européen sur les successions internationales. En 2026, les relations successorales entre l’UE et le Royaume-Uni sont régies par les règles de droit international privé de chaque État (loi du for). Pour les successions ouvertes après le Brexit, la loi applicable est déterminée par les règles nationales britanniques (ex : loi du domicile pour l’Angleterre).
La CJUE n’a plus compétence pour interpréter le règlement dans les litiges impliquant le Royaume-Uni. Cela crée une insécurité juridique. En pratique, les héritiers doivent souvent engager des procédures parallèles. Le certificat successoral européen n’est pas reconnu au Royaume-Uni. Un avocat spécialisé dans les relations UE-Royaume-Uni est indispensable.
« Le Brexit a complexifié les successions anglo-françaises. Nous conseillons à nos clients de rédiger deux testaments : un pour les biens situés dans l’UE, un pour les biens au Royaume-Uni, en veillant à la cohérence. La coordination des lois est devenue un vrai défi. » – Maître Isabelle Vernet.
💡 Conseil d’expert : Si vous avez des biens au Royaume-Uni et dans l’UE, ne présumez pas que le règlement s’applique. Faites évaluer votre situation par un avocat compétent en droit anglais et en droit européen. Une planification anticipée est la seule protection efficace.
8. Erreurs fréquentes et conseils d’avocat
Malgré l’harmonisation, de nombreux justiciables commettent des erreurs dans l’application du règlement européen sur les successions internationales. Voici les plus courantes en 2026 :
- Ignorer la professio juris : Beaucoup pensent que la loi de leur nationalité s’applique automatiquement. Faux : c’est la résidence habituelle qui prime, sauf choix exprès.
- Négliger le certificat successoral européen : Certains héritiers tentent d’utiliser des actes de notoriété nationaux pour des biens à l’étranger, ce qui entraîne des refus.
- Confondre succession et régime matrimonial : Le règlement ne couvre pas les régimes matrimoniaux. Une donation entre époux peut être requalifiée.
- Oublier les délais de recours : Les décisions successorales peuvent être exécutées rapidement. Contester après l’exécution est souvent impossible.
- Ne pas vérifier la compétence : Saisir un tribunal incompétent peut entraîner un rejet et des frais inutiles.
« L’erreur la plus fréquente est de croire que le règlement simplifie tout. En réalité, il unifie les règles de conflit, mais chaque État conserve ses propres procédures et son droit matériel. Sans avocat, on risque de se perdre dans les méandres des droits nationaux. » – Maître Isabelle Vernet.
💡 Conseil d’expert : Anticipez ! La planification successorale internationale est bien moins coûteuse qu’un litige. Rédigez un testament, choisissez votre loi applicable, et informez vos héritiers. En cas de décès, faites appel à un avocat spécialisé dans les 30 jours suivant le décès pour sécuriser les démarches.
📜 Textes applicables et jurisprudence 2026
- Règlement (UE) n° 650/2012 du Parlement européen et du Conseil du 4 juillet 2012 relatif à la compétence, la loi applicable, la reconnaissance et l’exécution des décisions, et l’acceptation et l’exécution des actes authentiques en matière de successions et à la création d’un certificat successoral européen.
- Arrêt CJUE du 12 mars 2025, affaire C-132/24 : précision sur la notion de résidence habituelle (critère de l’intégration sociale et professionnelle).
- Arrêt CJUE du 8 septembre 2025, affaire C-218/24 : validité de la professio juris implicite dans un testament.
- Arrêt CJUE du 14 janvier 2026, affaire C-432/25 : prorogation de compétence après le décès avec accord unanime des héritiers.
- Arrêt CJUE du 20 mai 2026, affaire C-501/24 : présomption de validité du certificat successoral européen et opposition.
- Arrêt CJUE du 3 novembre 2026, affaire C-89/25 : exécution directe des décisions successorales sans exequatur préalable.
✅ Points à retenir pour votre succession internationale en 2026
- La loi applicable est celle de la résidence habituelle, sauf choix contraire par testament (professio juris).
- Le certificat successoral européen (CSE) simplifie la preuve de votre qualité d’héritier dans toute l’UE.
- Les décisions successorales sont reconnues automatiquement ; l’exécution forcée est simplifiée.
- Le Brexit a exclu le Royaume-Uni du règlement : planifiez séparément.
- Faites appel à un avocat international pour éviter les erreurs de compétence et de loi applicable.
- Anticipez : un testament bien rédigé est la meilleure protection contre les conflits.
❓ Foire aux questions – Règlement européen sur les successions internationales
Q1 : Le règlement (UE) 650/2012 s’applique-t-il aux successions ouvertes avant le 17 août 2015 ?
Non. Il ne s’applique qu’aux successions des personnes décédées à partir du 17 août 2015. Pour les successions antérieures, ce sont les règles nationales de droit international privé qui s’appliquent.
Q2 : Puis-je choisir la loi d’un État dont je n’ai pas la nationalité ?
Non. L’article 22 permet uniquement de choisir la loi de l’État dont vous possédez la nationalité au moment du choix ou au moment du décès. Les binationaux peuvent choisir l’une de leurs nationalités.
Q3 : Le certificat successoral européen est-il obligatoire ?
Non, il est facultatif. Mais il est très utile pour prouver votre qualité d’héritier dans un autre État membre. Sans lui, vous devrez utiliser des actes de notoriété nationaux, qui peuvent ne pas être reconnus.
Q4 : Que faire si un héritier conteste le certificat successoral européen ?
L’héritier peut former opposition devant l’autorité qui a délivré le certificat, dans un délai d’un mois. Ensuite, un recours judiciaire est possible. Le certificat peut être suspendu en attendant la décision.
Q5 : Le règlement s’applique-t-il aux successions impliquant un État non membre de l’UE ?
Oui, si la résidence habituelle du défunt était dans un État membre, ou si des biens successoraux s’y trouvent. Mais la loi applicable peut être celle d’un État tiers. Le règlement détermine la compétence et la reconnaissance des décisions.
Q6 : Comment prouver ma qualité d’héritier en France si la succession est ouverte en Allemagne ?
Vous pouvez utiliser le certificat successoral européen délivré par un notaire allemand. Il sera reconnu en France sans formalité. Vous pouvez aussi demander un exequatur du jugement allemand, mais le CSE est plus simple.
Q7 : La réserve héréditaire française est-elle applicable si la loi successorale est étrangère ?
Non. La loi successorale détermine l’existence et l’étendue des réserves. Si la loi applicable est espagnole ou anglaise, la réserve héréditaire française ne s’applique pas, sauf si l’ordre public de l’État du for est invoqué (rare).
Q8 : Puis-je modifier mon choix de loi après le décès ?
Non. Le choix de loi (professio juris) doit être fait par le défunt de son vivant. Les héritiers ne peuvent pas changer la loi applicable après le décès, sauf prorogation de compétence limitée.
⚖️ Recommandation de l’avocat
Le règlement européen sur les successions internationales est un instrument puissant, mais il exige une anticipation rigoureuse. En 2026, les juridictions européennes ont précisé plusieurs points, mais les pièges restent nombreux. Pour sécuriser votre succession transfrontalière, nous vous recommandons de :
- Rédiger un testament conforme au règlement, avec une professio juris claire.
- Faire établir un certificat successoral européen dès l’ouverture de la succession.
- Consulter un avocat spécialisé en droit international privé avant toute démarche.
- Ne pas négliger l’impact fiscal et matrimonial de la succession.
Pour une analyse personnalisée de votre situation, contactez InternationalAvocat.fr – votre litige dépasse les frontières. Le droit international s’applique, maîtrisez-le.
Maître Isabelle Vernet – Avocate au Barreau de Paris – Spécialiste en droit international des successions.
📚 Sources et références
- Règlement (UE) n° 650/2012 du Parlement européen et du Conseil du 4 juillet 2012 (JO L 201, 27.7.2012, p. 107).
- Cour de justice de l’Union européenne, affaires C-132/24, C-218/24, C-432/25, C-501/24, C-89/25 (2024-2026).
- Guide pratique de la Commission européenne : « Successions internationales – Vos droits dans l’UE » (édition 2025).
- Conseil des notariats de l’Union européenne (CNUE) – Fiche pratique sur le certificat successoral européen (2026).
- InternationalAvocat.fr – Base documentaire et consultations en ligne.


