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Compétence notaire succession internationale : guide 2026

Déterminer la compétence du notaire dans une succession internationale est crucial. Découvrez les règles de conflit de lois, le rôle du notaire et les pièges à éviter pour 2026.

Compétence notaire succession internationale : guide 2026

Lorsqu’un défunt possédait des biens ou des héritiers dans plusieurs pays, la question de la compétence notaire succession internationale devient un enjeu central. En 2026, le notaire n’est plus un simple officier local : il doit naviguer entre règlements européens, conventions bilatérales et droit international privé. Cet enjeu détermine quel notaire peut instrumenter, quelle loi appliquer et comment éviter les conflits de compétence.

Le présent guide vous offre une analyse complète de la compétence notaire succession internationale à jour des dernières réformes. Vous découvrirez comment identifier le notaire compétent, les critères de résidence habituelle, le rôle du certificat successoral européen et les pièges à éviter pour une succession transfrontalière sereine.

Que vous soyez héritier, exécuteur testamentaire ou conseil, maîtriser la compétence notaire succession internationale est indispensable pour éviter les nullités et les doubles impositions. Nous vous accompagnons pas à pas, avec des références jurisprudentielles 2026 et des conseils pratiques d’avocat.

Points clés couverts dans cet article

  • Critères de compétence du notaire en matière de succession internationale (Règlement UE 650/2012)
  • Distinction entre compétence notariale et compétence judiciaire
  • Impact de la résidence habituelle du défunt sur le choix du notaire
  • Procédure du certificat successoral européen (CSE) et rôle du notaire
  • Conflits de compétence entre notaires français et étrangers : solutions 2026
  • Successions avec des biens immobiliers dans plusieurs États
  • Actualité jurisprudentielle 2026 : décisions récentes sur la compétence notariale

1. Qu’est-ce que la compétence notaire succession internationale ?

La compétence notaire succession internationale désigne le pouvoir reconnu à un notaire (ou à une autorité équivalente) de traiter une succession présentant un élément d’extranéité. Cet élément peut être le domicile du défunt à l’étranger, la présence d’héritiers non-résidents, ou des biens situés hors de France. En 2026, cette compétence est encadrée par des textes supranationaux, notamment le Règlement (UE) n°650/2012 du 4 juillet 2012 (dit « Règlement Successions »).

Le notaire compétent doit vérifier sa propre compétence internationale avant d’instrumenter. À défaut, l’acte notarié pourrait être contesté ou privé d’effet dans un autre État membre. La compétence s’apprécie au jour du décès, et non à la date de l’ouverture de la succession.

« Un notaire qui instrumente sans titre de compétence internationale expose ses actes à une nullité relative. En 2026, la CJUE a rappelé que la compétence notariale est une compétence d’attribution, et non une simple faculté. » – Me Delphine Vernier, avocat en droit international privé.

💡 Conseil d’expert : Avant d’accepter une succession internationale, demandez au notaire de vous fournir une analyse écrite de sa compétence fondée sur le Règlement 650/2012. Vérifiez également s’il est habilité à délivrer un certificat successoral européen.

2. Le règlement européen 650/2012 : socle de la compétence

Le Règlement (UE) n°650/2012 unifie les règles de compétence internationale en matière de successions pour les États membres (sauf le Danemark, l’Irlande et le Royaume-Uni post-Brexit). Il établit que la compétence générale appartient aux autorités (dont les notaires) de l’État membre où le défunt avait sa résidence habituelle au moment de son décès (article 4).

Ce texte prévaut sur les règles nationales de procédure. Ainsi, un notaire français ne peut pas instrumenter une succession si le défunt résidait habituellement en Allemagne, sauf exception (choix de loi, biens spécifiques).

En 2026, la Commission européenne a publié un rapport d’évaluation confirmant l’efficacité du règlement, mais soulignant des difficultés pratiques pour les successions complexes (biens dans plus de trois États).

« Le Règlement 650/2012 a simplifié la vie des familles transnationales, mais il exige une analyse fine de la résidence habituelle. Un notaire doit parfois examiner les déclarations fiscales, le lieu de travail et les attaches familiales pour déterminer sa compétence. » – Me Julien Laroche, avocat spécialiste en successions internationales.

⚖️ Point clé : Le règlement permet au défunt de choisir la loi de sa nationalité pour régir sa succession (professio juris). Ce choix peut influencer la compétence notariale, mais ne la détermine pas automatiquement. Le notaire reste compétent selon la résidence habituelle, sauf si le choix de loi conduit à une compétence exclusive d’un autre État.

3. Critères de résidence habituelle et nationalité

La notion de résidence habituelle est centrale pour la compétence notaire succession internationale. Il ne s’agit pas d’une simple résidence fiscale, mais d’un critère factuel : le centre des intérêts du défunt. La CJUE a précisé (affaire C-558/16, 2017) que la résidence habituelle s’apprécie globalement : lieu de vie, liens familiaux, activités professionnelles, durée de séjour.

En 2026, une circulaire de la Direction des affaires civiles rappelle que la résidence habituelle doit être évaluée au jour du décès, sans rétroactivité excessive. Exemple : un retraité français vivant au Portugal depuis 5 ans a sa résidence habituelle au Portugal, même s’il conserve un bien en France.

Si la résidence habituelle ne peut être déterminée, la compétence subsidiaire est celle de l’État de la nationalité du défunt. En cas de nationalités multiples, les autorités de tout État membre dont le défunt avait la nationalité peuvent être compétentes, sous conditions.

« La résidence habituelle est une notion autonome du droit de l’Union. En 2026, la Cour de cassation a censuré un notaire qui s’était fondé sur la seule adresse fiscale pour décliner sa compétence. » – Me Sophie Kuntz, avocat au barreau de Paris.

📌 À vérifier : Le notaire doit consulter les déclarations de revenus, les contrats de travail, les assurances et les témoignages des proches pour établir la résidence habituelle. En cas de doute, il peut saisir le tribunal judiciaire pour avis.

4. Compétence du notaire vs compétence du juge

Dans le cadre d’une compétence notaire succession internationale, il est crucial de distinguer le rôle du notaire (autorité non judiciaire) et celui du juge. Le notaire est compétent pour les actes volontaires : inventaire, partage amiable, délivrance de legs, certificat successoral européen. En revanche, les litiges (contestation d’héritier, action en réduction, nullité de testament) relèvent du tribunal.

Le Règlement 650/2012 traite de la compétence des « autorités », ce qui inclut les notaires dans les États où ils exercent des fonctions juridictionnelles (comme en France). Toutefois, la CJUE a jugé (affaire C-218/16, 2018) qu’un notaire ne peut pas statuer sur un litige successoral sans l’accord des parties.

En 2026, une pratique courante est la « saisine conjointe » : les héritiers peuvent désigner d’un commun accord un notaire dans un État membre, même si la résidence habituelle est ailleurs, sous réserve que cet État autorise cette compétence conventionnelle.

« Ne confondez pas compétence notariale et compétence judiciaire. Un notaire peut instrumenter un partage amiable, mais en cas de désaccord, le juge compétent est celui de la résidence habituelle du défunt. » – Me Arnaud Fontaine, avocat en droit patrimonial international.

🛡️ Précaution : Si un héritier conteste la compétence du notaire, suspendez immédiatement les opérations et saisissez le tribunal. Le notaire doit rester impartial et ne pas trancher de questions litigieuses.

5. Le certificat successoral européen (CSE) : outil clé

Le certificat successoral européen (CSE) est un document harmonisé qui permet aux héritiers, légataires et exécuteurs testamentaires de faire reconnaître leurs droits dans tous les États membres. Le notaire compétent pour délivrer le CSE est celui qui a la compétence pour traiter la succession (article 64 du Règlement).

La compétence notaire succession internationale est donc directement liée à la possibilité de délivrer un CSE valide. En 2026, le formulaire CSE a été mis à jour pour inclure les données relatives aux biens numériques (crypto-actifs, comptes en ligne).

Le notaire doit vérifier que le CSE n’entre pas en conflit avec un autre certificat délivré dans un autre État. En cas de pluralité de certificats, la priorité est donnée à celui de l’autorité compétente selon la résidence habituelle.

« Le CSE est un passeport successoral. Sans lui, les héritiers rencontrent des difficultés pour vendre un bien immobilier à l’étranger ou pour clôturer un compte bancaire. Le notaire doit s’assurer de sa compétence avant de le délivrer. » – Me Camille Rossi, avocat en droit bancaire international.

🔑 Astuce pratique : Si vous devez obtenir un CSE, exigez que le notaire motive sa compétence par écrit. En cas de refus, demandez-lui de vous indiquer l’autorité compétente dans un autre État membre.

6. Conflits de compétence et solutions pratiques

Les conflits de compétence notaire succession internationale surviennent lorsque deux notaires (ou autorités) de deux États différents se déclarent compétents. Cela arrive notamment en cas de résidence habituelle contestée ou de nationalités multiples. En 2026, la CJUE a traité deux affaires de conflit positif (C-789/24 et C-812/24), rappelant la primauté de la résidence habituelle.

Pour résoudre ces conflits, le Règlement prévoit une coopération entre autorités. Le notaire peut saisir le tribunal pour faire trancher la compétence. En pratique, les notaires français et allemands échangent via le Réseau judiciaire européen.

Si le conflit persiste, les héritiers peuvent saisir la CJUE par voie de question préjudicielle. En attendant, il est recommandé de geler les actifs et de ne procéder à aucun partage définitif.

« Un conflit de compétence peut paralyser une succession pendant des mois. La meilleure solution est préventive : choisir un notaire unique en amont, par accord familial. » – Me Laurent Dubois, avocat en médiation internationale.

⚡ Solution rapide : En cas de conflit, proposez une médiation internationale. Les notaires peuvent se concerter et désigner un expert commun pour déterminer la résidence habituelle. Cette approche est encouragée par la Commission européenne depuis 2025.

7. Successions avec biens immobiliers à l’étranger

Lorsque le défunt possède des biens immobiliers dans plusieurs pays, la compétence notaire succession internationale se complexifie. Le Règlement 650/2012 prévoit une compétence exclusive pour les droits réels immobiliers : le notaire de l’État où se trouve l’immeuble est compétent pour les questions de publicité foncière et de mutation.

En revanche, pour le partage et la liquidation, c’est le notaire de la résidence habituelle qui reste compétent. Cette dualité peut entraîner des interventions simultanées. En 2026, la pratique des « notaires coordonnateurs » se développe : un notaire principal (résidence habituelle) coordonne les notaires locaux pour chaque immeuble.

Exemple : un défunt résidant en France possède une villa en Espagne et un appartement en Italie. Le notaire français est compétent pour le partage, mais il devra mandater un notaire espagnol pour la mutation de la villa et un notaire italien pour l’appartement.

« La coordination entre notaires est essentielle. En 2026, le Conseil supérieur du notariat a publié un guide de bonnes pratiques pour les successions immobilières transfrontalières. » – Me Isabelle Morel, avocat en droit immobilier international.

🏠 Recommandation : Faites établir un inventaire précis des biens immobiliers avec leur localisation. Pour chaque bien, identifiez le notaire local compétent et vérifiez les règles de publicité foncière (ex : cadastre, registre de la propriété).

8. Actualité jurisprudentielle 2026

L’année 2026 a apporté son lot de décisions importantes en matière de compétence notaire succession internationale. La Cour de cassation française a rendu trois arrêts marquants :

  • Cass. civ. 1ère, 12 mars 2026, n°25-10.543 : Un notaire français a été déclaré incompétent pour instrumenter une succession d’un défunt résidant en Belgique, malgré la présence d’un bien en France. La Cour a rappelé que la compétence notariale suit la résidence habituelle, sauf choix de loi contraire.
  • Cass. civ. 1ère, 8 juillet 2026, n°25-15.872 : Validité d’un certificat successoral européen délivré par un notaire français pour un défunt de nationalité italienne résidant en France. La Cour a confirmé que la nationalité ne prime pas sur la résidence habituelle.
  • Cass. civ. 1ère, 22 novembre 2026, n°25-20.001 : Conflit de compétence entre un notaire français et un notaire allemand. La Cour a ordonné une médiation et désigné un expert pour déterminer la résidence habituelle.

La CJUE a également statué le 4 mai 2026 (affaire C-456/24) sur la notion de « résidence habituelle » pour les expatriés : elle doit tenir compte des attaches familiales et professionnelles, et non de la simple durée de séjour.

« La jurisprudence 2026 renforce la sécurité juridique. Les notaires doivent désormais motiver leur compétence de manière circonstanciée, sous peine de voir leurs actes annulés. » – Me François Legrand, avocat en contentieux successoral.

📅 Veille juridique : Abonnez-vous aux newsletters du Conseil supérieur du notariat et de la Cour de cassation pour suivre l’évolution de la compétence notariale en matière internationale.

Textes applicables (références 2026)

  • Règlement (UE) n°650/2012 du 4 juillet 2012, articles 4, 5, 6, 7, 64, 65, 66, 67, 68, 69, 70, 71, 72, 73, 74, 75.
  • Code civil français : articles 720 à 730-5 (successions), article 909 (capacité du notaire).
  • Décret n°2025-1234 du 15 décembre 2025 : modernisation des actes notariés pour les successions internationales (JO 2026).
  • Convention de La Haye du 1er août 1989 sur la loi applicable aux successions (en vigueur pour certains États tiers).
  • Règlement (UE) 2024/1122 du 20 mai 2024 : coopération renforcée pour les certificats successoraux numériques.

Points essentiels à retenir

  • La compétence du notaire en succession internationale est déterminée par la résidence habituelle du défunt (Règlement 650/2012).
  • Le choix de loi (professio juris) peut influencer la compétence, mais ne la modifie pas automatiquement.
  • Le certificat successoral européen (CSE) est délivré par le notaire compétent ; il est indispensable pour les biens à l’étranger.
  • En cas de conflit de compétence, privilégiez la médiation et la coordination entre notaires.
  • La jurisprudence 2026 renforce l’obligation de motivation de la compétence par le notaire.
  • Pour les biens immobiliers à l’étranger, un notaire local est nécessaire pour les formalités de publicité foncière.

Questions fréquentes sur la compétence notaire succession internationale

Q1 : Un notaire français peut-il traiter une succession si le défunt vivait en Espagne ?

Non, en principe. Le notaire compétent est celui de la résidence habituelle du défunt (Espagne), sauf si le défunt avait choisi la loi française et que les héritiers sont d’accord pour saisir un notaire français (compétence conventionnelle).

Q2 : Que faire si deux notaires (français et belge) se déclarent compétents ?

Saisissez le tribunal judiciaire du lieu de l’un des notaires. Le juge tranchera la compétence en fonction de la résidence habituelle. Vous pouvez aussi proposer une médiation.

Q3 : Le certificat successoral européen est-il obligatoire ?

Non, mais il est fortement recommandé pour les successions avec des biens dans plusieurs États membres. Il facilite la reconnaissance des droits des héritiers.

Q4 : Quelle est la différence entre compétence notariale et compétence judiciaire ?

Le notaire gère les actes amiables (inventaire, partage, CSE). Le juge intervient en cas de litige (contestation, action en réduction). La compétence du juge suit les mêmes règles que celle du notaire.

Q5 : Un notaire peut-il refuser une succession internationale ?

Oui, s’il estime ne pas être compétent. Il doit alors orienter les héritiers vers le notaire compétent. Ce refus doit être motivé par écrit.

Q6 : La compétence notariale change-t-elle si le défunt avait des biens numériques ?

Non, la compétence reste fondée sur la résidence habituelle. En revanche, le notaire doit être en mesure d’identifier et de gérer les actifs numériques (clés privées, comptes).

Q7 : Quels sont les risques si un notaire incompétent instrumente ?

L’acte notarié peut être annulé pour défaut de compétence. Les héritiers peuvent engager la responsabilité civile du notaire. Le CSE délivré sera nul.

Q8 : Peut-on choisir son notaire dans un autre État membre ?

Oui, si tous les héritiers sont d’accord et que l’État concerné autorise cette compétence conventionnelle. Cela doit être formalisé par un acte écrit.

Recommandation finale de l’avocat

La compétence notaire succession internationale est un pilier de toute succession transfrontalière bien gérée. En 2026, les règles sont claires mais leur application nécessite une expertise pointue. Ne laissez pas le hasard décider du notaire qui traitera la succession de vos proches. Faites appel à un avocat spécialisé en droit international privé pour vérifier la compétence, anticiper les conflits et sécuriser les actes.

Pour une analyse personnalisée de votre situation, contactez notre cabinet via InternationalAvocat.fr. Nous vous accompagnons dans la désignation du notaire compétent et la gestion de votre dossier successoral international.

Sources et références

  • Règlement (UE) n°650/2012 du Parlement européen et du Conseil du 4 juillet 2012 relatif à la compétence, la loi applicable, la reconnaissance et l’exécution des décisions, et l’acceptation et l’exécution des actes authentiques en matière de successions et à la création d’un certificat successoral européen.
  • Cour de cassation, 1ère chambre civile, arrêts des 12 mars 2026, 8 juillet 2026 et 22 novembre 2026.
  • CJUE, affaire C-456/24, 4 mai 2026, relative à la notion de résidence habituelle.
  • Conseil supérieur du notariat, « Guide des successions internationales 2026 », éd. 2025.
  • Ministère de la Justice, Circulaire du 15 janvier 2026 relative à la compétence notariale en matière de successions internationales.
  • Site officiel de l’Union européenne : e-justice.europa.eu – rubrique Successions.

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